16.01.2011

Ah! la boite automatique... pour les handicapés!

L'apprentissage de la conduite sur voiture automatique (à boite de vitesse automatique, sans pédale d'embrayage) n'a jamais eu bonne presse dans le petit monde des auto-écoles. Les moniteurs, qui se veulent amateurs de mécanique, et à l'occasion de séances de "vroum vroum" tout en ne dédaignant pas la pointe de vitesse (non autorisée) quelle que soit la route, aiment bien qu'on ait du plaisir à la manipulation du levier de vitesses.

Aussi, il est toujours intéressant d'aller voir comment est traité le sujet sur les forum.

Voici un exemple... la suite est ici

13.01.2011

Congrès de Tours

 

Dans quelques heures, le Front National [dont il faut rappeler qu'il a tout simplement usurpé le nom d'un mouvement de la Résistance de la période 1940-1945] aura un nouveau président, et il n'est pas hasardeux de dire que ce sera très certainement Mme Marine Le Pen, l'une des trois filles de l'actuel président et fondateur. Ce changement à la tête de ce parti aura lieu à l'occasion d'un congrès qui va se tenir à Tours, une ville qui s'est donné une certaine célébrité il y a bien des années quand le maire de cette ville fit campagne (en 1974), et qui est depuis retournée à sa tranquillité provinciale.

 

Congrès de Tours. On a de la culture, chez les "frontistes", et le sens des symboles. C'est pourquoi on peut imaginer que Marine, et peut-être son père, veulent tourner à cette occasion une page entre un passé qui reste sulfureux, et un avenir où la concurrence va certainement s'exacerber avec une UMP (rappelons le sens du sigle: union pour un mouvement populaire, ce n'est pas une blague) qui cherche plus que jamais à recruter à droite, jusque dans les extrêmes. Le Front national ne renonce pas, en effet, à devenir un grand parti qui, s'il ne peut gouverner, ou gouverner seul, veut influer fortement et sur les idées et sur les actes.

 

Mais, au fait, je crois qu'il n'est pas inutile de rappeler ce que fut le Congrès de Tours.

 

Faites de beaux rêves.

10.05.2010

"Les choses"

C'est un petit livre, 150 pages à tout casser, en format poche, aux gros caractères. Ça n'a l'air de rien, ça passerait inaperçu. "Les choses", un titre un peu énigmatique. De quoi va donc nous parler Georges Perec, de quelles choses est-il question.


Et c'est l'illumination. Un style, une écriture jamais rencontrée, une richesse, une diversité folle dans un vocabulaire toujours juste, toujours précis, toujours modeste pourtant. Une incroyable retenue dans les phrases, comme un désir de ne pas trop apparaître, de ne rien montrer de soi, de laisser toute la place aux choses, aux objets qui vont être toute la vie de ces deux personnages qui courent après une illusion de bonheur, ce bonheur qui est offert à ceux qui peuvent posséder, à travers les choses, un monde offert mais qui finira par se refuser à eux.

 

 

 

Il y avait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire, à entrer dans ce qu'on peut appeler la "littérature", même si cela peut paraître un rien prétentieux. Et j'ai eu envie, avant de me replonger dans d'autres lectures, de partager avec vous un peu de ce plaisir.

 

 

 

Les choses. Georges Perec. René Julliard, 1965. Collection pocket N°2224.

 


08.05.2010

Peoples of Europe, Rise Up !

La photo était en "une" du Monde, il y a deux ou trois jours: un banderole, en anglais et en grec, déployée sur la muraille de l'Acropole, surplombée par le Parthénon, signée KKE, le parti communiste grec.

 

N'en déplaise aux experts repus, à leurs employeurs banquiers, à leurs valets politiciens, ce ne sont pas les petites gens, en Grèce ou ailleurs, qui sont les responsables de la "crise", excellent prétexte au pompage des maigres ressources de la foule des plus faibles au profit les oligarchies financière, industrielle et commerciale.

 

Que ceux qui ont voulu faire leur Europe, celle du TCE, du Traité de Lisbonne, celle de l'hyper-libéralisme, celles des produits dérivés, de la titrisation des créances, de la destruction du code du travail, de la pression à la baisse sur les salaires, des délocalisations industrielles (qu'on semble découvrir aujourd'hui), des marchés sans foi ni loi qui n'ont d'autre valeur que les tas d'or accumulés, que ceux-là paient aujourd'hui les pots qu'ils ont délibérément cassés, qu'il rendent leur tablier, et qu'ils s'en aillent - au diable, s'il veut bien d'eux.

 

Et comment traduire ce titre?


Prolétaires de tous les pays, unissez-vous?

 

RH

28.04.2010

Dernier combat

Mon cher Pumpernickel,

 

Je suis sûr que tu n'as pas oublié cette heureuse, cette insouciante époque où il était encore possible de se réjouir de cette vie où le comique n'excluait pas le sérieux, ou le grave n'interdisait pas le sourire. Je porte encore en moi la trace légère de ce temps, celle qui n'hésite pas à remonter à la surface de la mémoire, comme quand on va visiter une lieu riche de souvenirs alors même que tout, jusqu'au paysage, a changé.

 

Il y a bien des années, alors que je savais déjà que si on croit n'avoir qu'une vie on est bien obligé d'en vivre plusieurs, successives ou simultanées, j'avais cru qu'on pouvait, comme disent les gens d'aujourd'hui, “ rebondir ” après la chute. D'aucuns, mieux protégés que moi par des statuts ou des certitudes, pour ne pas parler des solidarités qui font qu'il n'est pas de bonne police sans saine coopération avec la délinquance, m'ont rapidement fait comprendre qu'il valait mieux pour moi aller me faire pendre, et si possible ailleurs, ne supportant qu'assez mal l'ombre que leur font les gibets, et le souvenir qu'ils leur rappellent de leurs mauvaises actions, fût-ce au nom de la loi. C'est ainsi qu'il m'a fallu quitter cette profession d'enseignant de la conduite et de la sécurité routière – on prononce moniteur d'auto-école, à la fois éjecté par la volonté des ceux qui, ayant échoué (pour certains seulement, soyons justes) dans la pratique de la pédagogie, se sont vu attribuer le pouvoir de juger de l'efficacité de celle des autres, et par l'occasion qui était donnée à d'autres de faire disparaître du circuit un personnage à l'esprit trop indépendant et aux méthodes trop peu orthodoxes (qui donc a osé, pour démontrer à son élève qu'elle sait vraiment conduire, quitter la place avant pour aller s'asseoir sur la banquette arrière, le temps de quelques kilomètres – “ quand je vous disais, Carole, que vous saviez conduire et que vous alliez réussir votre examen la semaine prochaine ”).

 

Pour être franc, ce n'est pas le siège avant droit d'une voiture qui me manque le plus. J'aime trop la liberté qui est le luxe des cyclistes pour avoir cette nostalgie, même si rouler dans un véhicule en bon état de fonctionnement général peut avoir un charme certain. En revanche, me manque beaucoup ce contact avec les élèves, cette forme de combat qui se mène entre le groupe et soi, cette relation où tous les sentiments humains viennent se mélanger, séduction, espoir, déception, exaspération, violence, satisfaction, lassitude... Tout comme me manque la satisfaction d'avoir fait quelque chose d'utile à mes contemporains pour lesquels je n'ai pourtant pas, il faut bien l'avouer, un amour immodéré.

 

Alors, je vais mener, avec toute l'énergie qui me reste encore, un dernier combat, celui de ces gens qui aiment leur métier et qui le constatent chaque jour un peu plus économiquement sinistré et tout autant pédagogiquement naufragé. Ces gens-là sont les moniteurs d'auto-écoles dont la situation est devenue intenable, pris en tenaille qu'ils sont entre des employeurs qui n'ont trop souvent comme seule religion que celle de leur tiroir-caisse (ce qui n'est pas honteux pour un commerçant), et une administration qui a bien compris qu'elle assurerait définitivement sa tranquillité en maintenant cette profession dans des limites très étroites, le SMIC (ou à peine plus) d'un côté, l'impossibilité de faire une carrière de l'autre.

 

Mais que faire ? Tout simplement permettre à tout moniteur diplômé d'enseigner la conduite sans avoir à être salarié d'une entreprise ayant obtenu cet agrément préfectoral qui est la clé pour enseigner à titre onéreux. Au fond, nous demandons le droit de faire ce que font les professeurs de piano (qui peuvent enseigner à leur domicile ou à celui des élèves) ou les coiffeurs (qui travaillent au domicile de leurs clients), nous demandons de pouvoir exercer librement notre métier, celui que nous aimons faire, au service des élèves.

 

C'est bien là le fin mot de l'histoire : la liberté des élèves. Si les futurs conducteurs n'étaient pas (re)tenus par le droit à l'examen (la place d'examen) que leur donnera l'auto-école, ils pourraient en changer et aller vers celles qui sont les plus efficaces. Mais aujourd'hui, l'auto-école est “ propriétaire ” de ses élèves, de ces jeunes gens et jeunes filles qui, une fois inscrits, ne peuvent plus faire machine arrière, ou à des prix et dans des conditions inimaginables parfois. Mais si l'élève est “ candidat libre ” (notons la justesse du terme), il peut vraiment choisir son enseignant, en changer éventuellement, ou travailler délibérément avec plusieurs dont les compétences sont complémentaires et diverses. Il peut également déménager sans que cela pose problème, il peut véritablement exercer sa liberté, et aussi faire l'apprentissage de la responsabilité de ses choix.

 

 

 

Une association est en train de naître. Elle doit trouver ses relais un peu partout en France, offrir des perspectives, créer des liens et des réseaux, explorer toutes les pistes qui permettront d'offrir aux jeunes conducteurs non la perspective du permis de conduire, mais celle de la capacité à conduire, et à se conduire.

Nous sommes aujourd'hui une poignée, enseignants, et élèves. Nous espérons être nombreux demain, être forts, et obtenir la reconnaissance de notre droit à travailler librement.

 

 

Je t'ai dit tout à l'heure qu'il s'agissait de mon dernier combat. J'en prends pour deux, trois, cinq ans. Ce sont d'autres que moi qui en bénéficieront. A mes yeux, c'est presque un honneur, de me battre non pour moi mais pour les autres. Ne reste plus qu'à songer à Guillaume 1er d'Orange-Nassau dit Le Taciturne, et savoir qu'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (même si la formule serait de Charles de Valois-Bourgogne, dit Le Téméraire).

 

Bien à toi.

 

Régis Hulot.

17.04.2010

Rien fait depuis trois mois !

Non, je n'ai pas oublié mes amis et lecteurs hélvètes. Mais j'ai été bien occupé ailleurs, y compris par les grands soucis que donnent les grands enfants (les petits enfants donnent de petits soucis). Mais tout cela est sans importance, et me voici de retour pour annoncer la naissance d'un autre blog auquel je donne beaucoup de mon temps, comme à l'association dont il va être l'organe.

Le sujet est bien différent de ce j'ai évoqué ici, du moins plus spécialisé.

Vous pourrez aller le découvri ici, en commençant peut-être par cet article et en poursuivant avec celui-là.

Bonne lecture, et bon courage à tous.

19.01.2010

Burka ?

Enfin un sujet consensuel – j'aime, j'adore ce mot con-sensuel... Causons de la burka.


Inutile de le dire, je ne peux pas avoir beaucoup d'affection ou de respect pour une civilisation, un groupe, une religion, un système, enfin quoi que ce soit qui oblige une partie des êtres humains qui le composent à se vêtir de telle façon qu'elle soit de facto exclue du monde ordinaire ouvert à tous. De même, je n'aime pas me rappeler que les pelouses des parcs publics à Hong Kong, du temps des Anglais, étaient " interdites aux Chinois et aux chiens ", et que du temps de la ségrégation raciale, aux États-Unis, nombre de lieux étaient réservés aux blancs et donc interdits aux nègres (“ No Coloured ”). De la même façon, nous autres Français avons pratiqué avec la même élégance le tri des individus selon leur origine, leur couleur dans un certain nombre de lieux ou à certaines occasions (ségrégation raciale, ségrégation sociale), et il n'y a pas si longtemps que les pensions des anciens combattants issus des anciennes colonies étaient bloquées à leur valeur à la disparition de l'Union française, tandis que celles des (vrais) Français étaient réévaluées régulièrement.


Mais j'aimerais revenir au seul domaine de la contrainte vestimentaire.

J'ai l'honneur et l'avantage d'avoir une sœur, un peu plus âgée que moi. Quand elle allait au lycée (de filles) dans les années '60, le pantalon était tout bonnement interdit. Ces demoiselles étaient priées de s'habiller correctement, c'est à dire de porter des jupes ou des robes, dont l'ourlet ne laissait voir qu'à peine le genou. Il fallut la révolution (!) de 1968 pour que les filles découvrent le droit au pantalon, ainsi d'ailleurs que la mixité.

Remontons un peu plus loin que ces cinquante dernières années.

J'ai l'honneur et l'avantage d'avoir une mère, et même une grand-mère. Cette dernière fut veuve à une époque qu'on a appelée l'entre-deux-guerre. Je ne peux pas me souvenir de la manière dont elle s'habillait, mais j'ai d'autres souvenirs. Celui de ces femmes toujours vêtues de noir, été comme hiver. Celui des grandes draperies aux portes des maisons, avec l'initiale du nom de famille, quand quelqu'un y mourait.

Et il devrait être facile de retrouver des images (pas sur la toile, hélas, du moins à ma connaissance) qui montrent de quelle manière étaient vêtues nos grand-mères, nos arrières grand-mères quand elles avaient le malheur de perdre, si souvent hélas, leurs maris. Elles portaient, du moins celles qui en avaient les moyens, ce qu'on appelait le “ grand deuil ” qui amenait les femmes, parfois encore bien jeunes, à abandonner toute couleur pour se consacrer au noir, jusqu'au voile de crêpe noir qui couvrait le visage, à ne pas confondre avec la voilette... Et ce grand deuil durait entre six mois et deux ans, suivi de ce qu'on appelait le demi-deuil, où était permis le violet ou le mauve.

Ce qui paraissant normal il y a juste un siècle, qui transforma le paysage humain après la Première guerre mondiale (quand meurent les jeunes maris, il reste les veuves), est assez vite tombé naturellement en désuétude après la Seconde guerre mondiale, tout comme ont disparu les costumes régionaux traditionnels – combien de femmes portent la coiffe en Bretagne ou en Provence ?

C'est pourquoi on peut aussi s'attendre à ce que le temps résolve, assez rapidement sans doute, ce problème. Le temps et les contraintes de la vie quotidienne (conduire en burka ?), le seul fait de pouvoir être soi-même sans avoir besoin de le faire savoir urbi et orbi – est-on plus et mieux juif, ou chrétien ou musulman parce qu'on le crie partout ?

Alors, une loi dans ce domaine ? Pour quoi faire ? Pour faire quoi ?

18.01.2010

TGV. Plus vite ? Moins souvent !

Ce sont Les Échos qui ont vendu la mèche, convenablement instruits par ces personnages qu'on dit “ proches du dossier ” et qui ne sont en réalité que “ d'honorables correspondants ” qui, malgré leurs dénégations, transgressent leur devoir de ne pas révéler ce qu'ils entendent dire... Peu importe.

 

Ainsi donc, la SNCF va faire ce que fait n'importe quelle entreprise dont le seul but est de gagner de l'argent, plus d'argent, encore plus d'argent, et cela le plus vite possible.

Alors que depuis des années, grâce à une tarification des plus complexes (du point de vue de l'usager transformé, bon gré mal gré, en client) et à un forcing commercial digne d'une meilleure cause, le TGV rapportait de plus en plus d'argent, voici que, crise économique (d'où nous sommes sortis, semble-t-il) oblige, certaines lignes ou certaines dessertes par le TGV seraient déficitaires. Et de citer Paris-Arras (quelques dizaines de minutes de trajet) d'un côté, ou Bordeaux-Strasbourg (quelques heures) d'un autre.

Deux cas intéressants.

Paris-Arras, en TGV, cela permettait de rapprocher de manière spectaculaire la capitale de l'Ile-de-France de celle de la Picardie, une région dont l'existence historique ou culturelle est incontestable, mais qui était tiraillée entre deux “ mastodontes ” économiques, l'Ile-de-France et le Nord-Pas-de-Calais, un peu à la manière dont le Haute-Normandie (deux départements seulement a bien du mal à exister vis à vis de cette Ile-de-France qui a tendance à la phagocyter. Mais cette desserte TGV, malgré son intérêt, revenait à faire rouler un train à grande vitesse sur un réseau de banlieue. Utile, pas utile ? À discuter.

 

Bordeaux-Strasbourg. Passons sur le fait que la région Alsace, comme celle de Champagne-Ardennes et d'autres collectivités locales, a ou ont mis beaucoup d'argent pour financer un équipement qui relève à l'évidence de l'État, mais que ce dernier, impécunieux selon ses dires, a préféré transférer la compétence, mais surtout la dépense sur d'autres budgets. Il n'en demeure pas moins qu'il n'aura fallu que quelques mois pour constater que la LGV (ligne à grande vitesse) ne reliant pas Paris à Strasbourg n'a pas la rentabilité attendue, et certainement présentée aux bailleurs de fonds. Encore un beau succès des prévisionnistes.

Mais il y a encore meilleur, du moins quand on essaie de voir les choses d'un autre point de vue.

Quelques mois après les sonores décisions du “ Grenelle de l'environnement ”, ou encore ce sommet de Copenhague auquel un certain Nicolas S. a participé, surtout pour se plaindre qu'on n'en faisait pas assez à son goût, voilà qu'une entreprise que d'aucuns croient savoir encore publique, ou du moins investie d'une mission de service public, prend l'exact contrepied de ce qui pourrait paraître “ bon pour la planète ”, “ bon pour l'environnement ” comme on dit de nos jours. Car supprimer des trains, même “ pas assez rentables ”, c'est encourager le transport routier, sans parler de l'hypothèse du transport aérien qui, lui, on le sait bien, est particulièrement non polluant.

Et que vient donc faire ici la notion de rentabilité ? Est-ce à dire qu'un liaison ferroviaire ne peut vivre que si elle est rentable (ou si quelqu'un accepte de prendre le déficit spécifique à sa charge) ? A quand les trains qui ne quitteront la gare que quand ils seront remplis à 98%, à quand les arrêts desservis au petit bonheur la chance, seulement quand il y a suffisamment de clients à faire monter ou descendre ?

Mais il faut dire aussi que les “ péages ” que règle la SNCF à RFF (Réseau ferré de France), propriétaire des installations fixes (qui vont accueillir le très prochain trafic voyageurs privé) vont subir une augmentation spectaculaire. Et qui donc décide du niveau de ces “ péages ” ? Une bonne question temporairement sans réponse.

 

Bien entendu, la SNCF dément les accusations des Échos. Et nous jure, le cœur sur la main que le trafic TGV augmentera... de 1%, ce qui fait passer lme nombre de trains de 800 à 808. L'information vaut son pesant de rhétorique digne des meilleurs merchandiseurs.

 

Rendez-vous donc dans quelques mois, quand , une fois la petite tempête passée, arrriveront les horaires d'hiver 2010-2011, et qu'il sera alors plus facile d'expliquer par la “ contrainte économique ” que des trains seront supprimés “ pour assurer l'équilibre des comptes ”.

 

Faites de beaux rêves.

15.01.2010

Conf. internationale (suite)

Envie de revenir sur ce que j'ai écrit il y a très peu sur Haïti.

En cherchant un peu, on peut trouver ça qui a déjà 6 ans, sur le site du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM). Quand on regarde bien, on s'aperçoit que la dette publique d'Haïti serait, sinon égale, du moins comparable à ce qui fut exigé de la toute jeune république caraïbe il y a un siècle et demi pour lui octroyer son indépendance. De plus, même si la France est aujourd'hui un pays à l'endettement pharaonique, renoncer à quelques dizaines de millions d'euro de créances pour elle-même n'aurait qu'une incidence à peine mesurable. Et cela pourrait donner le signal que suivraient les autres pays, vis à vis d'un débiteur aujourd'hui meurtri, peut-être déjà agonisant...

En revanche, pour ces Haïtiens qui vivent, pour la moitié d'entre eux, sous un seuil de pauvreté que nous avons du mal à imaginer, être délivrés de ce fardeau représenterait une chance historique de pouvoir reconstruire leur pays pour eux-mêmes, et non pas pour pouvoir mieux rembourser leurs " généreux donateurs ". Et si la dette d'Haïti vis à vis de la France s'élève bien à 54 millions d'euro, faut-il préciser que cela fait moins d'un euro par habitant, et que, pour ce qui me concerne, je suis disposé à avancer cette somme (dans les 5 euro pour notre petite famille) au Trésor public pour qui cette opération sera alors indolore.

C'est pourquoi j'espère que les paroles de Mme Lagarde ne seront pas que verbales, tout en m'étonnant qu'il ait fallu 10.000, 20.000, 50.000 morts pour arriver à cela.

 

Faites de beaux rêves.

 

Conférence internationale

Dès les premières heures, les pays qui en avaient les moyens ont réagi et envoyé sur place, autant que faire se pouvait, des équipes de secouristes, du matériel, des moyens divers. Il faut dire que quand, tout à coup, toutes les communications sont coupées, il y a de quoi s'affoler au moins un peu, et la France n'a pas manqué de réagir dans ce cas comme elle l'avait fait dans d'autres (pensons au tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du sud-est). Les États-Unis, voisins immédiats (on peut fuir Haïti et sa misère sur n'importe quelle barcasse pour tenter sa chance en Floride), ont également réagi, et ont envoyé leurs navires de guerre chargés de milliers d'hommes et de tonnes de matériel. Sans compter ceux qui, disposant de moyens plus faibles mais partageant une communauté culturelle ou géographique avec les Haïtiens (Cuba, par exemple ?), ne manqueront pas de faire ce qui paraît être " leur devoir ".

 

Bref, pas question de contester que chacun doit, avant tout, mettre la main à la poche pour aider ceux qui, aujourd'hui, sortent de la misère pour entrer dans la la souffrance, avant de retourner, peut-être, au désespoir.

 

Le président de la République française, n'écoutant que sa conscience, viendrait de proposer à M. Barack Hussein Obama II, président des États-Unis, de réunir une conférence internationale ayant pour objet d'organiser la reconstruction de Haïti.

 

Il y a bien longtemps que le loup n'était pas sorti du bois aussi vite.

La poussière n'est pas encore retombée, les agonisants n'ont pas encore expiré que voici qu'on se préoccupe de reconstruire. Bravo ! Notre nanoprésident ne tarde pas à vouloir se placer, lui et ses nombreux amis du BTP, des communications, du traitement des eaux ou des ordures ménagères, dans le peloton de tête de ceux qui voient déjà, au delà de la catastrophe humaine, une extraordinaire occasion de faire des affaires et des profits quand le signal du départ sera donné.

Rappelons-nous les menaces qu'avait proférées Georges W. Bush, à l'époque où notre président (Jacques Chirac, le multi-mis en examen qui n'a pas les moyens de s'offrir un petit pied à terre à Paris et est hébergé par des amis généreux) avait refusé d'aller faire la guerre en Irak pour y installer le démocratie : ceux qui ne feront pas la guerre avec nous n'aurons pas les (juteux) contrats pour la reconstruction qui suivra.

La leçon a porté, et devant l'impossibilité démontrée il y a quelques mois de contrats rémunérateurs à Gaza (n'y a-t-il pas eu une conférence internationale pour la reconstruction ?), on va certainement essayer de se rabattre sur cette ile des Caraïbes dont nous n'avons pas à désespérer. En effet, je cite ici les informations que j'ai trouvées dans une vieille édition de l'Encyclopædia Universalis.

Dans les années 1791-1803, la Colonie de Saint-Domingue mena une longue guerre d'indépendance contre la France (souvenons-nous de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe), dont elle était l'une des plus riches possessions. Elle devint une République indépendante le 1er janvier 1804. Cependant, elle dut régler le conflit qui l'opposait à l'ancienne métropole et c'est sous Charles X (un grand libéral, comme chacun sait) que fut signé un accord pour la reconnaissance de l'ile et l'établissement de relations diplomatiques : 150.000.000 de francs-or, à payer en cinq annuités égales (et dans des conditions financières techniques iniques), une somme démesurée et un échéancier impossible à tenir ! Ce n'est qu'en février 1838 qu'un accord intervint pour réduire (!) cette indemnité (!) à 90.000.000 de francs-or, dont 60 millions payables en 30 annuités. Mais la situation d'Haïti était telle, et les exigences de l'ex-métropole si dues, que la petite république caraïbe mis plus d'un siècle à rembourser cette dette... (réf. EU, éd. 1993, vol. 11, page 165 et suiv.).

Nos amis Américains n'ont d'ailleurs rien à nous envier dans le domaine de la charité bien ordonnée. " En décembre 1914, un commando de fusiliers marins se saisit du stock d'or de la banque nationale et un navire de guerre battant pavillon des États-Unis le transporte à New York. La dette publique d'Haïti atteignait alors 80% du total de ses ressources budgétaires et les États-Unis étaient son principal créancier ", écrit l'EU. Quand on criant de ne pas être payé, il est tentant d'aller se payer " sur la bête ", surtout si elle est plus faible que vous.

 

Autant dire que si la France éternelle avait pour les Haïtiens tout l'amour qu'elle est en train de leur témoigner, elle pourrait presque reconstruire gratuitement la totalité de la capitale.

Chiche !

 

Faites de beaux rêves.

 

09.01.2010

Boycott - suite et fin ?

A tous ceux qui ont souhaité "réagir" à deux notes récentes intitulées "Boycott".

 

Il en faut tellement peu, aussi peu qu'une histoire de fille qui fréquente peut-être un garçon, de fille dont le frère n'aime peut-être pas ce garçon, de fille au sujet de laquelle deux garçons vont en venir aux mots, aux mains, au couteau, il en faut tellement peu pour qu'aujourd'hui une famille pleure un fils assassiné, une autre famille pleure un fils devenu assassin, une jeune fille pleure à la fois le crime de son frère et la mort de son amoureux...

Il en faut tellement peu pour réécrire chaque jour Le Cid ou Roméo et Juliette...

Il en faut tellement peu pour semer la mort, cette mort qui, paraît-il, vaut tellement mieux que toutes les vies, même les plus modestes... Viva la muerte, disaient les fascistes espagnols, tout enivrés de leurs crimes et de leurs rêves.

Hier après-midi, je suis allé à un enterrement avec ma fille, celui du père d'une de ses camarades de collège. L'an dernier, nous avions aussi suivi ensemble le cercueil d'un autre homme d'une quarantaine d'années emporté par la maladie, qui laissait derrière lui une femme, trois enfants, et beaucoup de projets. Comme c'est beau, comme c'est doux, comme c'est merveilleux, la mort.

Et j'ai aussi pensé à tous ces morts, de chaque côté des frontières sanglantes qui ne manquent pas de par le monde, ces morts qui ravinent les âmes, qui broient les cœurs, qui déchiquètent les familles. Comme tout cela est beau et désirable.

Aussi, je comprends tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, préfèrent la grandeur de la mort à celle de la vie, la beauté de la vengeance ou du règlement de compte à celle du pardon et de la réconciliation, et qui, chaque jour, vont chercher au fond d'eux la force d'attiser les braises qui allumeront les bûchers de demain. Et je les en remercie, car ils me montrent encore plus qu'ils ne l'imaginent la chance qui a été la mienne. En effet, j'ai, au nombre des gens que j'ai fréquentés et que j'aime, une femme qui a pardonné, de vive voix, les yeux dans les yeux au parloir de la prison où ils purgeaient leur peine, aux deux hommes qui avaient violé et assassiné sa fille de 16 ans.

Je sais qu'on peut pardonner. Je sais qu'on peut retrouver la paix. Je sais que rien n'est perdu pour les hommes de bonne volonté.

 

RH

 

 

07.01.2010

97%

 

Révolution !

Notre nanoprésident viendrait - je n'ai pas entendu, 2010 sera pour moi une cure, un sevrage - d'annoncer que les entrepreneurs individuels vont pouvoir protéger leur patrimoine individuel ou familial en cas de faillite de leur activité professionnelle.

Je dois être stupide. Je croyais que la relativement récente " EURL " (entreprise uni-personnelle à responsabilité limitée, qui est plutôt une SàRL à associé unique) avait permis de dissocier le patrimoine personnel du patrimoine industriel ou commercial. A moins que ce qui fut fait à l'époque n'ait servi à rien, les banques continuant à demander des cautions conjointes et solidaires à leurs clients, ce qui fait rentrer dans le risque le patrimoine privé (quand il existe - j'ai connu un entrepreneur qui avait de très bonne grâce donné caution sur des biens... dont il était locataire: belle maison meublée avec goût, voiture confortable, etc.).

 

La vertu de cette annonce est peut-être ailleurs, dans le 97% qui me sert de titre. En effet, ce sont 97% des entreprises françaises qui sont des TPE (très petites entreprises) de moins de 10 salariés, des entreprises qui peuvent être exploitées en nom propre ou sous forme de SàRL qu'on pourrait appeler " de base " parce que se cantonnant aux minima légaux pour exister.

Et ces TPE restent sous ce seuil pour échapper à l'obligation du délégué syndical, dirigées par des gens qui sont, très naturellement, des électeurs potentiels dont on aura bien besoin dans deux mois. Ce qui est pris n'est plus à prendre.

 

Faites de beaux rêves.

 

Vaccination.

Nous en avons de la chance d'avoir notre belle Roselyne comme grand prêtresse de la santé en France. Imaginons que nous aurions pu avoir une ministre incompétente...

 

Tout cela pour dire une chose qui n'a certainement échappé à personne. Si la belle Roselyne a pris la (bonne, c'est sûr) décision de ne pas donner suite à la commande d'une cinquantaine de millions de doses de vaccins anti-grippe A (virus H1N1), doses qui n'ont été à ce jour " ni livrées, ni payées ", ce n'est pas pour cela que nous allons faire l'économie des centaines de millions qu'elle a eu le bon goût de nous faire miroiter. J'imagine que les commandes faites il y a quelques semaines ou mois aux laboratoires pharmaceutiques répondaient à certaines conditions, y compris le coût d'un éventuel dédit de la part du gouvernement français. Mais, de cela, Roselyne n'a pas parlé.

 

Chacun de nous sait, d'expérience, que notre bon gouvernement sait soutenir, quand c'est nécessaire, les grandes entreprises (françaises), ou les grandes institutions financières - il l'a prouvé dans un passé récent, des fonds mis à la disposition des banques à la prime à la casse qui subventionne indirectement les grands groupes automobiles. Il serait étonnant que les laboratoires pharmaceutiques, nationaux ou pas et le plus souvent transnationaux, aient à souffrir de cette décision, et on imagine assez bien que des indemnités soient versées aux fabricants de vaccins avant même qu'ils aient commencé les fabrications ainsi indemnisées.

 

Encore une exemple d'une saine gestion des finances publiques, qui nous rassure.

 

Faites de beaux rêves.

 

05.01.2010

La preuve !

... du réchauffement climatique :

 

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et hop !

Faites de beaux rêves.

04.01.2010

Boycott - suite ?

Projet de lettre.

 

 

 

Madame, Monsieur le Directeur,

 

Je suis client(e) de votre magasin qui propose à la vente des produits présentés comme israëliens, à des conditions d'importation dans l'Union européenne privilégiées.

 

Or, de nombreux produits agricoles ou industriels déclarés comme israéliens proviennent en fait de colonies établies dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, en violation du Droit international rappelé dans de nombreuses résolutions de l'ONU. Ces colonies prennent illégalement la terre et l'eau des Palestiniens dont l'activité, agricole en particulier, se trouve de la sorte asphyxiée.

 

De plus, comme vous le savez, le gouvernement de l'Etat d'Israël ne respecte pas les Droits humains fondamentaux des Palestiniens : occupation illégale des Territoires, colonisation, destruction de maisons, de vergers ou d'infrastructures, édification d'un mur qui implique l'annexion de territoires palestiniens, blocus illégal contre la population de Gaza...

 

Il est en pratique impossible de faire la distinction entre ces produits qui viennent des Territoires palestiniens occupés et ceux qui proviennent du territoire de l'Etat d'Israël. C'est pourquoi je vous demande de ne plus mettre en vente les produits « en provenance d'Israël ».

 

Pour ma part, tant que l'Etat d'Israël ne respectera pas le Droit international et la Quatrième convention de Genève concernant les populations occupées, je n'achèterai plus de produits « en provenance d'Israël ». J'informerai mes relations sur la situation de la population palestinienne, et je leur recommanderai de ne plus acheter de produits « en provenance d'Israël », et accessoirement de ne plus se rendre dans votre magasin tant qu'il proposera des produits « en provenance d'Israël » qui sont en réalité produits sur les Territoires occupés.

 

 

Veuillez croire, Madame, Monsieur le Directeur, à l'expression de mes sentiments distingués.